Départ de Chioggia après un plein de gasoil conséquent, première écluse pour sortir de la lagune, puis on embouque le canal Po-Brondolo. Aux écluses de Cavanella d'Adige Sinistra et destra, qui permettent de traverser le fleuve Adige et marquent l'entrée sur le canal bianco proprement dit, les eclusiers ne sont pas là... Il y a un numero de téléphonne sur la porte...je téléponne...ils arrivent, et nous accompagnent ensuite d'écluse en écluse, si bien qu'il n'y aura jamais d'attente (après certaines expériences faites sur les canaux français je m'attendais au pire). Les éclusiers, qui ne sont pas habitués à rencontrer des bateaux de plaisance, nous fournissent un semblant de carte du reseau hydrographique qui nous permet de mieux suivre notre progression et la localisation des écluses. La progression est d'abord facile car le canal est large et profond, mais à une cinquantaine de kilomètres de Mantova, elle devient beaucoup plus pénible en raison de la grandes quantité d'herbes et autres végétaux qui flottent. Cela m'oblige à un slalom continuel et à une grande attention à la barre. Malgré celà je dois plonger pour dégager l'hélice, ce qui ne me réjouis guère vu la couleur de l'eau !
Finalement nous arrivons quand même à la jonction avec le Pô qui devrait nous permettre de continuer vers Cremona, en passant l'écluse de San Leone. L'éclusier nous indique que le niveau du Pô ne permet pas la navigation en securité (il n'y a pas assez d'eau en ce moment) mais qu'on peut quand meme rejoindre Mantova par un autre itineraire, en passant par le Mincio, et que c'est très joli. En sortant de l'écluse, effectivement il n'y a pas beaucoup d'eau et on se plante rapidement dans un fond de vase molle dont il est difficile de s'extirper : en poussant sur le fond mon aviron s'enfonce sur plus d'un mètre sans résultat... c'est finalement mon vieux Volvo qui me sort de cette mauvaise passe dans un vombrissement infernal. On arrive quand meme à la dernière ecluse vecchio scaricatore di Governolo qui nous permettra de rejoindre le fleuve Mincio... et là quand les portes s'ouvrent :"oh rage, oh désespoir!...C'est une écluse à bajoyers inclinés !!". Les bajoyers sont les murs d'une écluse, et dans les plus vieilles ils sont inclinés ; conçu pour des barges, on ne peut facilement s'y amarrer (qui plus est avec un voilier qui a une quille...) et il faut stabiliser le bateau au milieu de l'écluse avec le moteur dans les remous de la bassinée... Avec un canot moteur, ça passe, mais avec mon Vega et sa quille longue, c'est un cauchemar ! Je m'en sors quand même à la godille (comme bien souvent)! ... L'éclusier n'avait jamais vu ça. Mis à part ça, cette écluse est très jolie car le hauts des bajoyers sont recouverts d'un tapis végétal et fleuri... une écluse renaturée ? Une fois cette dernière écluse franchie il s'agit de remonter le fleuve Mincio (toujours sans véritable carte) en se demandant à chaque méandre si on arrive à Mantova... mais les méandres se suivent et toujours pas de Mantova. La lumière du jours se meurt, et il faut mouiller l'ancre pour passer la nuit dans ce paysage champêtre. Le fleuve Mincio est vraiment superbe, et les lacs que nous traversons avant d'arriver à Mantova, parsemés de Nénuphars, sont un enchantement.
A Mantova, je me précipite pour trouver une grue (on est samedi matin et Michel doit arriver dimanche avec la remorque...). Une première grue n'est pas assez puissante (moment d'angoisse), mais la deuxième dans le port dit porto catena fera l'affaire. Porto catena est un magnifique port médieval avec un Club Nautico rempli de barques de pêches (pour une fois Balidar est le plus grand bateau du port !), et très acceuillant ! Pour m'éviter un détour à pied, on me ramène à mon bateau en Gondole, puis on m'invite à m'amarrer dans leur Club, ou tous feront preuve d'une généreuse hospitalité en m'appelant "il navigatore svizzero". Leur invitation pour le repas dominical, et la grande richesse architectural de la ville feront du séjour à Mantova un superbe souvenir. En partant, je ne pourrais d'ailleurs rien payer,ni le repas, ni la place, ni la grue... je suis leur hôte... quel contraste avec ce que j'ai pu rencontrer sur la côte... c'est bien là que l'on réalise les ravages du tourisme.
Michel arrive et on charge de suite le bateau, aidé par une demi-douzaine d'italiens. Le lendemain, c'est le départ pour 700 km de route... passage de la douane de Chiasso, puis du Gothard (on s'arrête avant le tunnel pour tout verifier puis on se lance avec un noeud dans le ventre...ça passe !)... on arrive à Bern, puis sur l'autoroute de la rive sud du lac de Neuchatel, un automobiliste nous fait des signes, la remorque fume, on s'arrête : un pneu a gonflé et frotte contre la remorque ! ... après quelques minutes de perdition sans comprendre ce qui nous arrive, on change la roue et c'est reparti. A Genève. Balidar reste quelques jours sur le quai des eaux vives pour se refaire une beauté, puis retrouve les ondes laccustres ; c'est la fin de son épopée maritime !



Ma seule carte pour ce parcours (obtenue en cours de route grace aux éclusiers...)

La première écluse italienne

Le canal bianco au petit matin...

... et le seul bateau rencontré sur tout le canal!

Toujours sur le canal bianco...

... puis sur la jonction avec le Pô

L'écluse vecchio scaricatore di Governolo

... avec ses bajoyers inclinés... très fleuris !

Navigation sur les lacs recouvers de nénuphars...

... peu avant l'arrivée à Mantova

Le Palazo Ducale de Mantova

Porto catena(tire son nom des chaines qui le fermaient quand un noble de Venise venait y retrouver son amante en bateau...)

Balidar quitte son élément ...

... pour un voyage de 700 km...

... à travers les alpes (ici peu avant le Gothard)...

... et au pris de quelques aventures...

... retrouve le jet d'eau de Genève (... et un cousin Vega !)



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